Démarche

Alexis Gicart ©
Baptiste Conte développe une pratique chorégraphique et plastique qui part du réel (lieux, milieux, matières, paysages et récits porteurs de mémoires collectives) pour construire des mondes scéniques où le corps devient matière de fiction. Il observe les usages, les traces et les imaginaires d’un environnement, collecte et détourne des éléments du réel pour les transformer en matières physiques, plastiques et dramaturgiques.
Un gymnase, un paysage littoral, une matière géologique ou un espace urbain deviennent ainsi des écosystèmes à observer par rapport à soi, et à l’histoire qu’il nous raconte. Chaque contexte génère son propre langage esthétique et physique. La mémoire individuelle et collective y rencontre la fiction pour déplacer les récits et les imaginaires politiques.
Au cœur de cette démarche se trouve un travail sur l’expérience physique. À partir du ressenti, de pratiques somatiques et perceptives, puis de processus d’endurance, de répétition, de durée et de rythme, Baptiste Conte fait émerger des matières chorégraphiques développant dernièrement un vocabulaire mains, visages, pas en rythme. Il développe ainsi un corps incarné et physique, mais aussi théâtral, qui assume la fiction, l’exagération, l’étrangeté et l’humour. Le corps devient un espace de déplacement entre expérience réelle, présence et construction fictionnelle.
Cette recherche est également plastique, sur la matière, le costume et l’espace. Costumes-sculptures, objets, volumes et installations propose une deuxième lecture du sujet à l’étude. Ce travail des matériaux permettent de transformer le corps sur le plateau, devenant des partenaires de jeu et des moteurs de l’écriture chorégraphique. Chaque pièce construit ainsi son propre écosystème visuel, physique et dramaturgique, à la frontière de la danse, de la performance, du théâtre et de l’installation.
Entre réel et fiction, mémoire et présent, mélancolie et vitalité, son travail cherche à déplacer les perceptions et à faire émerger des expériences poétiques et politiques. Il propose des formes qui invitent à reconsidérer nos manières de regarder, d’habiter et de vivre ensemble.